Profession de foi

Angers, le 10 février 2020

 

Chères collègues, Chers collègues, Chères étudiantes, Chers étudiants, Mesdames, Messieurs,

Mesdames et Messieurs les administratrices et administrateurs de l’Université d’Angers,

 

Candidat à la Présidence de l’Université d’Angers pour le mandat 2020–2024, je m’engage en premier lieu à amplifier et à faire rayonner l’état d’esprit de transparence et de collégialité dans l’accompagnement des initiatives de toutes et tous et dans la prise de décision sur les grandes orientations qui engageront l’Université pour les prochaines années.

« Pour une Université humaine et éthique » constitue donc l’engagement essentiel que mon équipe et moi prenons devant vous, dans une perspective de recherche continuelle des équilibres entre humilité et fierté, ouverture et respect, diversité et égalité, écoute et décision, ou encore entre tradition et innovation.

En conséquence, je m’engage :

  • à recentrer l’Université sur ses fonctions premières de création et de transmission des savoirs, et pour affirmer le rôle social de l’Université dans la promotion de ses valeurs : à l’heure des négationnismes, des « fake news », de l’immédiateté, le savoir scientifique dans toutes ses diversités doit être valorisé pour faire rempart contre l’ignorance ;
  • à rechercher les meilleures conditions de vie et de travail possibles, en matière de contenus et d’intérêts, de relations, de reconnaissance et d’équité, pour toutes les catégories de personnels, contractuels ou titulaires ;
  • à simplifier autant que faire se peut les procédures en identifiant les diverses contraintes institutionnelles de celles que nous nous imposons en cascade, à nous-mêmes ;
  • à mener une lutte déterminée contre toutes les formes d’injustices, d’inégalités ou de discriminations, entre les personnes ou entre les structures ou composantes de l’Université ; l’ouverture, le respect de la diversité et la lutte incessante contre toute forme de discrimination et d’injustice demeurent des principes intangibles.
  • à valoriser et à accompagner, en étroite relation avec les Doyens et Directeurs d’UFR, de laboratoires, de SFR, de services ou de programmes, toutes les initiatives et les actions menées par des membres de l’Université, quels que soient leur nombre, leur thématique, leur renommée et les financements reçus ;
  • à proposer aux différents services, de grandes orientations et des axes de travail prospectifs ;
  • à déléguer le plus possible aux personnes les plus compétentes et les plus proches des questions posées ;
  • à communiquer équitablement à tous et à toutes les informations de manière à donner sa chance à chacun de pouvoir répondre à un appel à projet ou de valoriser l’Université ;
  • à décider dans l’intérêt de l’Université d’Angers et de tous ses partenaires ;
  • et à faire preuve de clarté et de synthèse auprès des membres des Conseils, commissions et comités, et de l’ensemble des personnels et des étudiants, pour aider à la réflexion, au débat puis à la décision.

Je m’engage enfin à m’appliquer à moi-même ces principes de respect, de tolérance et d’attention.

A ces engagements généraux importants s’ajoutent des propositions plus spécifiques. Elles ont été définies après échanges et discussions avec les personnels et les étudiants.

 

  • Transitions et décentralisation

 

Dès le début de notre mandat, nous engagerons une réflexion avec les personnels et les étudiants pour un plan d’action « Transitions écologiques » transversal à l’ensemble des UFR, laboratoires, SFR, services et directions de l’université d’Angers.

Le terme « transition » vise la transformation de notre manière de travailler et de vivre ensemble à l’université, prenant mieux en compte les enjeux environnementaux, climatiques et sociétaux, mais aussi organisationnels, pédagogiques et scientifiques. La transversalité apporte également une autre dimension à la notion de « transitions écologiques ». L’adjectif « écologique » est utilisé dans un sens élargi aux relations entretenues avec notre environnement quotidien. Il s’agit de mettre en place une démarche globale concernant tous les aspects de la vie de l’Université, et en lien avec son environnement.

Deux principes marquent les actions en matière de développement durable : le droit à l’information et le principe de participation.

Il s’agit de décentraliser l’action, en redonnant de l’autonomie et en réduisant le nombre de maillons qui composent la chaîne hiérarchique de décisions. Ces économies d’énergies, au sens élargi du terme, visent ainsi l’allégement de certaines tâches, la réduction des réunions et des déplacements, la simplification de nos procédures et une attention prêtée au temps. Le réflexe anti-gaspillage peut se produire dans l’usage de nos « ressources » humaines. A titre d’exemple, l’université peut fonctionner avec moins de vice-présidences et dans un esprit de travail plus direct, plus en proximités et en complémentarités, en décloisonnant les activités des services et des composantes, en clarifiant « qui fait quoi » et en simplifiant les organigrammes. Une meilleure connaissance et reconnaissance du travail d’autrui redonnera du sens à nos activités.

Une Université humaine et éthique se doit de faire participer à la réflexion sur les enjeux stratégiques de l’Université l’ensemble de la communauté, par l’intermédiaire des conseils d’UFR, de laboratoires et de SFR. Des commissions thématiques pourront être créées de manière temporaire et remonteront les propositions formulées aux Conseils centraux.

Exemple : appliquer ce principe de transparence et de décentralisation à la COMUE expérimentale Angers-Le Mans : que sommes-nous prêts à faire, à partager, avec Le Mans ?

  • Conditions de vie et de travail des étudiants

Dès le début de notre mandat, nous nous attaquerons au problème de la précarité étudiante en faisant appel aux financements par le biais de la Fondation de l’Université. Nous créerons un Observatoire de la Vie étudiante qui sera mobilisé sur ces questions, ainsi que l’ensemble des services de l’Université. Nous aiderons au lancement d’une épicerie sociale et solidaire et nous accompagnerons les associations qui œuvrent pour une meilleure intégration des étudiants dans la société et dans l’Université.

Nous créerons également un conseil des étudiants qui sera présidé par le VP étudiant et qui réunira des représentants des étudiants, élus et issus de toutes les composantes de l’Université. Il aura une fonction consultative sur les orientations stratégiques de l’Université et participera, dans des conditions à définir, aux travaux de l’Observatoire de la vie étudiante. Il contribuera en outre à l’amélioration de la politique d’égalité des chances pour les étudiants, de leur entrée à l’Université jusqu’à leur insertion professionnelle.  Les étudiants eux-mêmes sont les mieux placés pour interroger leurs rapports à l’avenir. Il s’agit d’encourager les initiatives en faveur du développement durable, mais également de permettre à chacun d’acquérir la  meilleure compréhension possible de ces enjeux.

Exemple : identifier avec les étudiants les savoirs et les compétences que nous devrons enseigner et qui sont adaptés à une transformation globale et durable de la société.

  • Formations et recherche universitaires

Les premières semaines de notre mandat seront marquées par des enjeux cruciaux concernant la recherche ciblée par projet de Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR).

Plus que jamais, nous défendrons le statut des enseignants-chercheurs et la liberté académique et de pensée qu’il sous-tend.

Nous rappellerons avec vigueur l’importance du triple adossement formation – recherche – milieux professionnels, grâce à une plus grande cohérence des politiques en matière de mobilités internationales et de développement de la formation professionnelle.

Nous visons une université d’Angers ambitieuse, consciente de ses faiblesses mais surtout de ses forces, qui propose de ce fait des formations de la licence au doctorat, sur des thématiques et dans des disciplines au spectre très large, en lien avec des thématiques de recherche inclusives, répondant à des besoins de société, et basées sur de nouvelles pratiques comme, par exemple, la simulation.

Nous visons une recherche scientifique sur des programmes importants, utiles à la société et performants, mais permettant également une progression durable de toutes ses équipes, de la plus modeste à la plus productive en termes de publications et d’impacts économiques sur le territoire. L’Université doit donc s’engager à poursuivre les thématiques reconnues (EUR, poursuite des RFI, des paris scientifiques et des programmes importants…), à définir de manière concertée de nouvelles thématiques et à donner les conditions à toutes les unités de recherche de se développer à leurs rythmes et selon leurs moyens. Ainsi, assis sur les structures de recherche existantes, nous créerons des Chaires ou des Groupements d’Intérêt Scientifiques, temporaires, sur des thématiques inclusives et sociétales. L’objectif est de réduire la concurrence au sein de l’Université d’Angers (et d’Angers Loire Campus). Nous supprimerons d’ailleurs les appels à projets internes.

Exemples de thématiques qui intéressent toutes les composantes : le vieillissement de la population, les objets connectés, l’intelligence artificielle…

  • Ancrage territorial

L’université appartient à un territoire, elle est en relation avec les acteurs de son territoire et de sa cité. La qualité de sa gouvernance est un levier majeur pour promouvoir au sein de ces territoires, les transitions écologiques que l’on attend à tous les niveaux.  Ces relations entre l’université citoyenne avec les acteurs de son territoire sont autant d’opportunités pour nos étudiants, nos formations, nos laboratoires de recherche.

La reconnaissance de l’Université d’Angers doit être améliorée par un positionnement plus visible au sein des réseaux locaux et régionaux.

La voix de l’Université d’Angers doit davantage être entendue et respectée, localement, régionalement et nationalement, au sein de la Conférence des Présidents d’Université notamment.

L’Université d’Angers doit être plus présente, plus active et surtout mieux représentée dans toutes ses diversités : ses composantes doivent aussi avoir la possibilité de la représenter.

Nous nous engageons donc à mieux représenter l’Université d’Angers dans le cadre d’Angers Loire Campus, le réseau de la French Tech, Terre des Sciences … et à renforcer les relations avec le CROUS, le CHU, les entreprises, les associations, les administrations publiques, les ordres professionnels et les collectivités territoriales.

Exemple : le campus peut être un lieu propice à la rencontre entre différents acteurs de quartier, des personnes de différentes générations, mobilisés avec les étudiants, le personnel de l’université, autour d’actions aux enjeux environnementaux et sociétaux. Toutes les formes de passerelles sont possibles, entre ces milieux. C’est en ce sens que nous utilisons l’adjectif « écologique », encore faut-il oser utiliser ces compétences et les valoriser en les rendant visibles.

Nous faisons ce pari.

En conclusion, nous proposons une gouvernance renouvelée de notre Université, qui se fonde sur des valeurs fortes, telles que la cohérence, l’attention, le respect, la transparence, et la concertation.

L’université de demain, telle que nous l’espérons et l’anticipons, sera celle qui réussira ses transitions écologiques, organisationnelles, scientifiques et pédagogiques. Elle devra s’engager et décider en prenant en compte la dimension financière, mais également des impacts non monétaires. Une Université humaine et éthique qui travaille pour ses étudiants, ses personnels et son environnement.

 

Pour plus de précisions, je vous invite à consulter le blog « Pour une Université humaine et éthique » :

https://www.candidature-christophe-daniel.fr/

 

Bien cordialement,

Christophe DANIEL