International

POUR UNE POLITIQUE DES RELATIONS INTERNATIONALES COHERENTE ET LISIBLE

« Penser l’international, penser le futur » (Robert Maxwell). Cette citation résume la place centrale que l’international occupe dans une stratégie d’une Université orientée vers l’avenir. Une véritable vision d’ensemble va devoir être proposée sur la base d’une stratégie pensée collectivement pour tous les étudiants, les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les enseignants et les personnels administratifs et techniques.

A ce titre, la Direction de l’international sera un vecteur clé pour associer tous ces acteurs à la réflexion et à les impliquer dans la mise en œuvre et le développement de nos partenariats internationaux. Ainsi, elle doit proposer des cadres administratifs adéquats pour étudier les différents appels à projet, solliciter les acteurs des Relations Internationales (RI) dans les UFR et laboratoires, évaluer l’adéquation de ces appels avec la politique de l’université et enfin accompagner les équipes dans le montage de réponses efficaces à ces projets. Pour ce faire, elle devra davantage travailler en complémentarités avec la DEVE et la DRIED. Ses propositions devront également  être davantage discutées et parfois votées en conseil d’UFR, de laboratoires ou de SFR, puis à la CFVU et à la CR. 

Mieux informer, mieux accueillir et mieux accompagner les mobilités nécessite également, d’une part, un site de l’Université dont les pages dédiées à l’international sont lisibles, attractives et reflétant nos engagements et nos offres et, d’autre part, un Centre de Français Langue Etrangère (le CELFE) qui contribue au rayonnement de la francophonie et qui prépare aux certifications en langue. A ce sujet, la mise en place prochaine par la cellule LANSAD d’une certification en anglais gratuite, interne à l’Université d’Angers et plus représentative du véritable niveau des étudiants est une initiative à valoriser.

Dès lors, nos propositions à discuter collectivement porteront plus spécifiquement sur les points suivants :

  • Impulser une réflexion collégiale, transparente, régulière et pérenne
  • Susciter une plus grande culture de l’international à l’université
  • Renforcer le dialogue, dans sa dimension internationale, entre la recherche et la formation
  • Redonner sa place à la francophonie et à l’enseignement du FLE
  • Développer une communication visible et lisible en interne et en externe 

Impulser une réflexion collégiale, transparente, régulière et pérenne

A) Pour éviter l’impression de décisions prises de manière trop centralisée, nous proposons de (re)donner à la Commission RI une composition et un rôle permettant de mieux réfléchir aux axes de développement des RI. Considérer par exemple une université comme un partenaire privilégié devrait avant tout se faire en fonction du rythme et de la qualité des échanges. Le choix des partenaires doit en effet se faire prioritairement dans le respect des besoins et attentes des enseignants, des chercheurs et des étudiants, et non pas seulement en réponse à une orientation politique globale. Celle-ci doit être définie en concertation.

Proposition :

Repenser le fonctionnement de la commission RI qui opère actuellement sous forme de réunions d’information descendantes pas plus de deux à trois fois par an, et dont le fonctionnement ne favorise pas les échanges collégiaux constructifs et encore moins la cohésion inter-UFR autour de projets fédérateurs.

B) Pour éviter le désengagement des enseignants, nous proposons des consultations et des concertations permettant l’appropriation par les acteurs des dispositifs et une plus grande implication de chacun dans la construction du rayonnement international de l’Université et de ses composantes. Il est effectivement impératif d’impliquer davantage les acteurs à tous les niveaux de l’examen des choix en RI (missions, réponses aux appels à projet, organisation, …). La centralisation excessive fait que les décisions majeures sont prises au niveau de la DRI et que les référents RI sont informés pour les mettre en place. Par conséquent, chaque référent RI travaille seul et ne se sent pas concerné par les choix de la DRI ou des autres composantes.

A titre d’exemple, le « Buddy Program » a été annoncé le printemps dernier dans le cadre de la réunion d’information sur le label Bienvenue en France. On découvre lors de la dernière réunion de la commission RI qu’il a été mis en place et que devenir « Buddy » permet à l’étudiant de prétendre à 0,5 point de plus sur la moyenne du semestre au titre d’« Enseignement Optionnel d’Ouverture » (E2O). Cet exemple montre bien la nécessité de discuter des questions internationales à la CFVU (par exemple pour créer des E2O à l’international).

Propositions :

  1. Au sein de la Commission RI, des ateliers de travail pourront être mis en place pour réfléchir et construire ensemble des projets fédérateurs. En faisant appel aux experts de chaque composante et en leur permettant de travailler ensemble, un esprit d’équipe et de cohésion sera développé, ce qui permettra de faire les meilleurs choix.
  2. Gérer de manière plus transparente les mobilités, les délégations, les programmes d’échanges et les ressources… La transparence sera rendue possible grâce à une plateforme où seront déposés les comptes rendus des réunions, les supports de présentation, le bilan financier et moral de la direction des RI… Cette plateforme facilitera également le travail des personnels de la DRI et de leurs référents en composante. Malgré plusieurs annonces faites par l’équipe actuelle pour mettre en place ce dispositif, il est toujours en attente d’application.
  3. Encourager les initiatives « locales » en favorisant l’organisation de projets collaboratifs portés par plusieurs composantes (Semaine internationale, Summer Schools, plateforme de e-learning, dématérialisation de cours ….).

Cette écoute des projets des composantes prendra la forme de véritables discussions collégiales en commission RI, dans ses ateliers, puis en CFVU ou en CR.

Susciter une plus grande culture de l’international à l’université

Il est primordial de rendre la communication efficace. Une information accessible, lisible et compréhensible, favorisera le dialogue et la volonté d’engagement de la part de ceux qui en sont les destinataires. Tous les acteurs de l’université se sentent concernés par son avenir et par ses choix, mais à condition qu’ils en soient informés. Et avant d’informer, il est indispensable d’identifier les besoins et les attentes des personnes concernées.

A) Pour associer les personnels administratifs dans l’action internationale, il faut leur donner la possibilité d’être acteur d’événements et d’actions qui mettent en valeur leur contribution dans l’accueil et la gestion des étudiants entrants et sortants et des invités étrangers.

Propositions :

  1. Faire un état des lieux des connaissances des dispositifs liés à l’international et des attentes que ce soit en termes de formation ou d’action internationale.
  2. Organiser une « semaine des personnels » comme dans plusieurs universités partenaires, avec l’objectif de valoriser le travail du personnel de la DRI et des autres responsables administratifs des RI dans les composantes, mais aussi de leurs donner la possibilité d’échanger autour de leurs expertises avec leurs homologues dans les universités étrangères.
  3. Présenter à l’ensemble des personnels administratifs les mobilités STT (programme de mobilités pour les Biatss), leur fonctionnement et les bénéfices qui peuvent en être retirés.

B) Pour associer les enseignants et enseignants-chercheurs dans l’action internationale, il est nécessaire de mieux les informer et leur donner la possibilité de donner leur avis et de participer d’une façon ou d’une autre à l’internationalisation de l’université.

Propositions :

  1. Faire un état des lieux des connaissances des dispositifs liés à l’international et des attentes que ce soit en termes d’information, d’implication ou d’action internationale.
  2. Inciter les enseignants et enseignants-chercheurs à participer aux semaines internationales des composantes en mettant à leur disposition un soutien  relationnel et en renforçant le soutien logistique existant (traductions, organisation de tables rondes autour des opportunités de partenariat, mise en relation avec les collègues étrangers…) pour leurs enseignements en langue étrangère ou pour l’organisation de manifestations scientifiques internationales.
  3. Présenter les mobilités STA (programme de mobilités pour les enseignants et enseignants-chercheurs), leur fonctionnement et les bénéfices qui peuvent en être retirés.

C) Pour associer les étudiants dans l’action internationale, il convient de communiquer et d’informer avec les bons médias, de favoriser les rencontres entre étudiants de l’université d’Angers et étudiants d’échange et d’harmoniser les procédures entre composantes.

Propositions :

  1. Faire un état des lieux des connaissances des dispositifs liés à l’international et des attentes que ce soit en termes d’information, de communication ou d’enseignement en langue anglaise ou autre langue étrangère.
  2. Solliciter les étudiants sur les meilleurs moyens ou les réseaux les plus pertinents pour communiquer avec eux.
  3. Mettre en place un centre de langue qui dispose des personnels compétents et des plateformes numériques nécessaires pour accompagner les étudiants dans leurs parcours de certification.

D) Pour garantir une meilleure qualité de l’accueil des étudiants et enseignants étrangers :

Propositions :

  1. Mettre en place une cellule de repérage et d’accompagnement des étudiants étrangers en difficulté (académique, psychologique, sociale…)
  2. Proposer un dispositif d’aide à la réussite aux étudiants étrangers (remise à niveau, cours de méthodologie…) en lien direct avec le CELFE et les chargés d’accompagnement.

Etablir le dialogue entre recherche, formation et relations internationales

L’international concerne autant la recherche que la formation. Toutefois, la recherche est actuellement absente des discussions de la Commission RI.  Or, les accords actifs et de qualité naissent souvent de collaborations entre chercheurs. Il est indispensable pour mettre en place une vraie stratégie de gestion de nos partenariats d’établir le dialogue entre enseignants-chercheurs et responsables des relations internationales. De plus, l’opportunité de mobilité internationale donnée aux étudiants de Licence et de Master doit s’étendre aux étudiants préparant un doctorat.

A) Pour que les cartographies des partenariats internationaux deviennent un outil de prise de décision, une représentation précise et transparente de nos partenaires en matière de formation et de recherche, prenant en compte la fréquence et la qualité des projets d’échange, permettra de réfléchir à une stratégie de gestion des partenariats au diapason de nos projets locaux et nos aspirations internationales.

Propositions :

  1. Analyser nos partenariats actuels et définir une stratégie de gestion de ces partenariats en concertation avec les composantes.
  2. En fonction de nos propres attentes et après avoir analysé les attentes de la Commission Européenne et de l’Agence Erasmus + française, réfléchir, au sein de chaque composante, aux priorités quant aux nouveaux partenariats du point de vue de la recherche et de la formation.
  3. Disposer des ressources administratives compétentes (Ingénieur d’études) pour faire l’évaluation régulière de nos besoins et faire une veille sur l’évolution des partenariats.

 

B) Pour être en mesure de mener des actions cohérentes avec la stratégie définie, il faut bien analyser notre environnement et notamment le programme Erasmus+ destiné à l’enseignement supérieur qui est un dispositif puissant offrant de nombreuses possibilités de développement international tant pour les enseignants-chercheurs, chercheurs que pour les étudiants.

Propositions :

  1. Réfléchir à l’opportunité de répondre aux différents types d’appels à projets Erasmus +, c’est-à-dire avec les établissements participants au programme et avec les partenaires dans le monde entier.
  2. Discuter avec les composantes et les laboratoires et organiser des missions dans les pays ciblés lors des actions précédentes.
  3. Soutenir par une logistique adaptée les actions entreprises.
  4. Discuter avec les composantes et les laboratoires de l’opportunité de participer à des salons liés au développement international.
  5. Ajouter au planning des professeurs invités au titre de la pédagogie, un séminaire de recherche ou une table ronde dédiés aux échanges autour de son domaine de recherche.
  6. Introduire un volet recherche lors des semaines internationales ou lors de l’annonce de la venue d’une délégation.
  7. Encourager la venue de chercheurs étrangers sur une longue période (2 à 3 mois) avec un support financier adéquat.

 

Redonner sa place à la francophonie et à l’enseignement du Français Langue Etrangère (FLE)   

Membre de l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie), l’université d’Angers se doit de contribuer à ses axes d’action, à savoir accompagner les établissements francophones dans les domaines de la qualité de la formation, de la recherche et de la gouvernance universitaire, de l’insertion professionnelle et de l’employabilité des diplômés, et de l’implication dans le développement global des sociétés.

Les réponses de l’UA aux appels à projets lancées par l’AUF sont très peu nombreuses. La présence de l’université d’Angers dans les projets de la francophonie est à optimiser d’autant plus que ces projets, financés par plusieurs instances internationales, permettent de travailler avec des réseaux universitaires portés par des objectifs complémentaires.

Répondre aux appels à projets lancés par l’AUF nécessite un travail préalable de déchiffrage des appels à projets, de détermination des acteurs de l’UA qui seraient potentiellement concernés par ces appels, et de mise en place de dispositifs de travail collaboratif.

Propositions :

  1. Avoir un ingénieur d’études pour faire une veille sur les appels à projets et pour accompagner les équipes de travail dans la rédaction des réponses aux appels à projet.
  2. Avoir un chargé de mission de la francophonie.
  3. S’investir dans des axes qui permettent de profiter de nos accords actuels et l’expertise de nos chercheurs pour garantir une meilleure réussite de notre action. Par exemple le projet « Réseau des Centres de réussite universitaires (CRU) de l’Europe centrale et orientale » est un projet lancé par l’AUF et renouvelé chaque année depuis 2012. Il concerne des pays européens avec lesquels nous avons des accords d’échanges.
  4. L’enseignement du FLE : renforcer les capacités d’encadrement dans le CELFE et valoriser le CELFE.

 

Développer une communication visible en interne et en externe

Proposer une offre de formation de qualité ne suffit pas pour attirer des étudiants étrangers habitués à consulter des sites interactifs et à feuilleter des belles plaquettes organisées autour de syllabus bien détaillés. Annoncer des initiatives par mail ou par newsletter ne suffit pas pour garantir l’adhésion du personnel aux projets d’internationalisation. Il est urgent de repenser la communication à l’intention de nos collègues et étudiants, mais aussi à l’intention de nos partenaires.

Propositions :

  1. En externe, il faut :
    • Un affichage clair et attractif de toutes nos formations.
    • Un site web en langue anglaise qui permet de recenser nos laboratoires, nos services, nos centres d’attractivité, nos événements, nos partenaires…
    • Des plaquettes dans chaque composante mais pensées collectivement aussi bien au niveau de la forme que du contenu, afin d’assurer une présentation commune de nos formations.
    • Réfléchir à notre présence aux salons internationaux.
    • Des délégations représentatives de plusieurs formations et portant un projet pensé collectivement qui profite au plus grand nombre de composantes ;
    • Un ambassadeur par région du monde.

2. En Interne, il faut :

    • Un espace FAQ au niveau de la DRI et des composantes pour les étudiants en quête d’information sur les aides, les destinations…
    • Une plateforme qui regroupe les comptes rendus des réunions, les documents projetés en réunion, les appels à projets en cours, les critères d’attribution de certaines bourses ou aides, les évaluations …
    • Un espace collaboratif pour échanger sur des projets communs, des bonnes pratiques, …