La recherche

Réflexions sur la recherche

Premier texte sur les constats et les propositions ;

Deuxième texte (ci-dessous) sur la révision du statut des chercheurs et enseignants-chercheurs et la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche.

Texte 1 :

Constats

1/ L’Université est le lieu de la recherche académique, une Université sans recherche, qui privilégie l’enseignement uniquement est une Université destinée à s’éteindre en tant que telle.

2/ La recherche Universitaire doit être favorisée dans toutes les composantes de l’Université. Comme dans chaque Université, il existe à l’UA des composantes qui donnent de la visibilité à l’international mais la recherche évolue vite et favoriser l’émergence tout en continuant à consolider nos axes forts paraît une bonne option. La taille moyenne de notre Université ne doit pas nous conduire à accepter que des pans entiers de certaines de ses composantes soient démunis des moyens permettant une recherche de qualité.

3/ La recherche fait partie des missions de tous les enseignants-chercheurs et de certaines catégories de Biatss, et toute personne désireuse de faire de la recherche devrait pouvoir en faire.

4/ La recherche se nourrit des collaborations entre les équipes dans une même université et en dehors sur des périmètres à l’appréciation des acteurs.

5/ Le soutien à la recherche doit prendre en compte la diversité des disciplines et de leurs besoins.

6/ Recherche, Valorisation, Formation et Relations Internationales doivent être liées.

 

8 Propositions à discuter ensemble après les élections pour dynamiser la recherche

1/ Afficher clairement une politique volontariste en recherche en se basant sur nos axes forts, en communiquant encore plus sur nos réussites et disant que l’émergence de nouveaux axes sera favorisée, en arrêtant de s’autocensurer pour répondre aux appels à projets. Se donner les moyens de cette politique en terme de dotation récurrente, de dotation d’accueil pour les nouveaux recrutés et de temps dédié/libéré pour la recherche.

2/ Avoir une politique beaucoup plus forte d’attractivité de chercheurs extérieurs de bons niveaux en investissant sur des fonds d’amorçages conséquents pour les accueillir et en mettant en avant la qualité de vie angevine, en créant une résidence universitaire pour les chercheurs et en indemnisant mieux ceux qui viennent de loin.

3/ Donner plus d’autonomie aux directeurs d’équipes de recherche et voir, avec eux et la DRIED, comment diminuer leurs charges administratives.

4/ Rediscuter des missions des SFR en tenant compte de leur champ disciplinaire pour favoriser la coopération entre les équipes.

5/ Donner les moyens en temps (décharges) avec des contrats de mission clairs et transparents, à destination de tous les personnels qui voudraient s’investir en recherche ou bien être un support organisationnel ou de gestion à celle-ci. La préparation de projets pourrait donner lieu à une décharge.

6/ Définir les axes communs de recherche en Santé entre le préclinique représenté par les équipes universitaires et la recherche clinique faite par les praticiens hospitaliers Universitaires en lien avec toutes les autres composantes de l’Université.

7/ Réfléchir à une meilleure valorisation de la recherche en consultant davantage les chercheurs qui connaissent parfaitement leur environnement scientifique et économique au lieu de confier la grande majorité des décisions stratégiques à des sociétés extérieures de transferts de technologie. Cette Valorisation pourrait être ouverte sur la population (Université du temps libre).

8/ Redéfinir le rôle du VP recherche avec les élus et les directeurs d’unités. Selon nous, il doit être un animateur, un facilitateur, un promoteur, un catalyseur plus qu’un décideur.

 

Texte  2 :

La révision du statut des chercheurs et enseignants-chercheurs et la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche

Position du problème. Une nouvelle Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) est annoncée pour 2020 – avec une entrée en vigueur en 2021 –. Le projet de texte n’est pas encore rendu public, ni même arrêté, mais des orientations semblent se dessiner et auront une incidence sur le statut des chercheurs et enseignants-chercheurs.

Ainsi, plusieurs réformes, dont certaines sont particulièrement inquiétantes, semblent envisagées :

suppression du CNU au profit de modalités purement locales de recrutement, d’avancement, d’attribution de CRCT, de congé pour projet pédagogique, de PEDR (…) ;

– augmentation de la contractualisation, au détriment de l’emploi statutaire ;

– mise en place d’un procédé de « tenure track » à la française, retardant l’obtention d’un emploi permanent ;

– redéfinition de l’architecture des statuts ;

– suppression de la référence aux 192 HETD ce qui reviendrait à une modulation imposée des services.

Parallèlement, l’ambiance régnant autour de la préparation de ces réformes est troublante lorsqu’on entend ou lit :

– que la loi de programmation pluriannuelle doit être « une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne » (Antoine Petit, PDG du CNRS, Les Echos, 26 novembre 2019) ;

– que « le financement systématique du glissement vieillesse technicité (GVT) ne sera plus assuré » (courrier de F. Vidal aux Universités, in « Le gouvernement met les universités sous pression financière », Les Echos, 16 octobre 2019) ;

– que la CPU défend l’idée de « donner aux universités la maîtrise de leurs recrutements, en modernisant les procédures et en supprimant le préalable de la qualification », d’« assouplir le cadre des missions des enseignants-chercheurs et revoir la comptabilisation de leurs activités », « de réfléchir à un seul statut allant de l’enseignant au chercheur », de « donner la possibilité aux universités d’expérimenter le contrat de chantier » (CPU, Propositions pour la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, 2019).

Et il convient de rappeler qu’en l’état, la situation matérielle des personnels de la recherche est particulièrement dégradée alors que « le salaire annuel brut d’entrée moyen des chercheurs en France représente, en parité de pouvoir d’achat, 63% du salaire moyen d’entrée perçu par les chercheurs en Europe et dans les pays de l’OCDE » et que ne peut être établi qu’ « un diagnostic alarmant sur l’attractivité de la recherche française » au regard de ces « rémunérations en décrochage », placées à un « niveau anormalement bas » (P. Berta, P. Mauguin, M. Tunon de Lara, Attractivité des emplois et des carrières scientifiques, groupe de travail n° 2 sur la LPPR, 2019, p. 7 et p. 13).

 

Engagements. Partageant les inquiétudes que beaucoup de chercheurs et enseignants-chercheurs – mais aussi de doctorants ou personnels contractuels – ont bien voulu me confier, je souhaite prendre ici quelques engagements à propos de ce texte qui est encore en préparation et dont le contenu exact n’est donc pas encore connu :

– je pèserai, autant que possible, à la CPU pour limiter les effets néfastes du texte à l’égard des personnels ;

– je mettrai en place à l’Université d’Angers et au niveau des composantes – la Présidence ne devant intervenir qu’à titre exceptionnel –, des procédures transparentes garantissant l’égalité et l’éthique dans les modalités de recrutement, d’avancement, d’octroi de primes, décharges, CRCT et autres avantages ;

– je ferai tout ce qui sera légalement possible pour maintenir au niveau des 192 HETD – ou, lorsque c’est réalisable, en deçà – la charge d’enseignement des enseignants-chercheurs statutaires afin de laisser le temps nécessaire et indispensable à leurs travaux de recherche ;

– je favoriserai, autant que possible, l’emploi statutaire dont la pérennité et la stabilité sont les conditions d’une recherche sereine, productive, innovante et indépendante.