Culture

La culture à l’Université d’Angers : questionnements et points à explorer

 

ETAT ACTUEL

« En lien avec ses missions fondamentales de formation et de recherche, l’Université d’Angers cherche à travers son action culturelle à développer auprès de ses étudiant.e.s et personnels un cadre propice à la diffusion de la créativité et à l’enrichissement personnel et collectif. La Direction de la culture et des initiatives a pour mission d’initier et de piloter (…) cette politique culturelle. (…) l’équipe en place s’engage à être non seulement des « agitateurs » mais également des « facilitateurs » de projets culturels partagés par tou.te.s et ouverts sur le territoire. »

https://www.univ-angers.fr/fr/universite/fonctionnement/services-centraux/dci.html

Actions Campus Day  à la rentrée universitaire ; Festival Spectacurieux (création étudiante au printemps) ; représentations de théâtre, spectacles de danse et de cinéma, expositions d’art contemporain ; concerts ; rencontres (avec des artistes etc.) ; conférences. < http://www.univ-angers.fr/fr/vie-des-campus/culture.html >

Lieux : l’espace 4 pour les spectacles, concerts, conférences, films et expositions ; les galeries Dityvon et 5 des 2 BU pour des expositions d’art contemporain ; la MRGT pour des conférences et mini-expositions, la parenthèse pour des initiatives étudiantes.

ANALYSE et Points à explorer pour les années à venir

Mené par des « agitateurs », le projet culturel actuel propose de développer « un cadre propice à la diffusion de la créativité ». Comme la formulation est un peu compliquée et le vocabulaire fait « jeune », on peut penser que la créativité mise en avant est celle des étudiants – mais si l’on relit la phrase, on voit qu’il ne s’agit pas de leur créativité. De même, lorsque plus loin, « les agitateurs » se donnent comme mission de faciliter la réalisation de projets culturels, ce ne sont pas les étudiants que la phrase met au premier plan : « un projet partagé » par tous n’est pas forcément un projet qui émane des étudiants. Certes, la culture ne peut pas reposer exclusivement sur des activités et projets menés par des étudiants ; et ce n’est pas là notre propos. Notre propos est de montrer que grâce à la formulation vague avec des termes « forts » parce que « jeunes », le projet culturel actuel produit une fausse impression : La créativité et les projets des étudiants y sont moins présents qu’ils n’en ont l’air.

Pour notre part, on aimerait voir la mission culturelle de l’Université plus centrée sur la créativité des étudiants et plus en lien avec la transmission des savoirs. Quant à l’ouverture sur le territoire sur laquelle insiste le projet de l’équipe actuelle, parce que l’on aime le dialogue des cultures, on aimerait ajouter aussi l’ouverture au monde.

Les actions du projet actuel permettent la valorisation de la créativité étudiante au cours de la semaine de la création universitaire une fois par an. Certaines demandes ne peuvent pas être honorées. Certes, il faut une sélection ; ce n’est pas possible pour tous les étudiants demandeurs de se produire sur la scène du QUATRE (qui contient 120 personnes). Toutefois, cette salle polyvalente unique paraît un peu juste pour embrasser la créativité de 27.000 étudiants pendant une semaine.

Ne faut-il pas envisager un deuxième lieu – une autre salle polyvalente – pour dégorger l’espace Quatre et permettre aux étudiants de se produire plus souvent sur scène ? De mener (et d’accueillir) plus de projets culturels ? Il en est question depuis trente ans de créer une salle polyvalente à la fac des lettres. Ne serait-il pas plus juste aussi, d’offrir à tous les étudiants de l’université d’Angers, y compris à ceux du Campus de Belle-Beille, le même « cadre propice à la diffusion » mais aussi à la culture, la pratique et l’expérience de la créativité ?

N’est-il pas possible d’envisager l’exportation de certains produits culturels de nos étudiants à l’étranger ? D’importer aussi d’autres de l’étranger chez nous ? Là, encore, on aura besoin d’un espace complémentaire pour pouvoir s’ouvrir au monde…

Ne peut-on pas envisager d’autres façons de mettre en avant la créativité des étudiants que sur une scène ?

Peut-on imaginer des activités (re)créatives en rapport avec nos parcours de formation ? Plusieurs interventions qui durent peu de temps mais qui permettent à plus d’étudiants de montrer au public ce qu’ils aiment faire ? Des interventions de 5 minutes, par exemple, au milieu du public d’un autre évènement médiatique (Accroche cœurs, Premiers plans, vernissage d’exposition…). Des spectacles en format bref. C’est un format qui passe particulièrement bien de nos jours.

Les formats brefs sont assez pratiques pour permettre une diffusion rapide et facile de produits culturels. Peut-on imaginer, à côté du concours photo et du concours de nouvelles (deux formats brefs…) existants, des concours vidéo par téléphone en rapport avec la ville ou la région face au monde ?

Peut-on imaginer des actions de « culture universitaire partagée », une demi-journée par an, par exemple, conçue par discipline et en collaboration avec les labos, animée par les doctorants, les étudiants en Master et des EC à l’attention des lycéens et de leurs professeurs ? Il s’agirait, pour chaque discipline, d’exposer de manière théâtrale, ludique, interactive… des « problèmes », des points qui se prêtent à des démonstrations ou ouvrent des questionnements nouveaux qui peuvent séduire des publics non spécialisés – comme on fait à la nuit des chercheurs ? Mais il y aura certainement d’autres idées à proposer ; l’objectif étant de faire venir les lycéens à l’Université pour voir et écouter les doctorants et les étudiants de Master.

L’objectif serait de mettre les étudiants et les personnels de l’UA au cœur d’un dispositif culturel qui repose sur eux mais qui les porte aussi. Pour ce faire, il est nécessaire d’échanger, surtout avec des étudiants. Ces propositions émanent en grande partie d’échanges avec des doctorants et étudiants en M2. Qu’ils en soient remerciés.

On peut mener ensemble une réflexion sur la place et la mission de la culture à l’Université d’Angers en réfléchissant sur le projet, les actions et les lieux dont on dispose pour proposer des voies possibles qui permettront à l’ensemble des acteurs de l’Université de recevoir et d’offrir des fruits de création culturelle.