Conditions de vie étudiants

CONDITIONS DE VIE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE D’ANGERS

Constats :

« La performance des établissements est amalgamée à la réussite étudiante ». Cette phrase provient d’une commission nationale regroupant les responsables de programmes pédagogiques résume bien l’importance accordée à la réussite des étudiants. La favoriser est effectivement l’une des missions centrales de l’Université en lien avec l’objectif d’améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants.

La notion de réussite est cependant en pleine mutation : limiter la réussite étudiante à la seule satisfaction d’exigences académiques, favorisant l’autosatisfaction de l’établissement lui-même, ne rend pas compte des différents enjeux relatifs à l’expérience étudiante.

Des travaux par exemple abordent les parcours étudiants, non pas sous l’angle de la réussite mais sous celui de la persévérance ou bien celui de l’engagement dans les études. Afin de former et de soutenir les étudiants de manière appropriée et efficace, nous souhaitons améliorer notre connaissance des étudiants, de ce qu’ils vivent, de leurs valeurs et de leurs comportements par rapport aux études.  D’ailleurs, d’après les  enquêtes « conditions de vie » de l’Observatoire National de la Vie Etudiante, la réussite, pour les étudiants, ne réside pas uniquement dans l’obtention du diplôme. Le développement des relations et réseaux, l’intégration à l’université, les efforts personnels, la conquête de son autonomie,  qui sont mis en avant par ces étudiants enquêtés permettent d’associer la réussite au sentiment de bien-être.

 

PROPOSITIONS :

1) Etre attentif aux conditions de vie des étudiants (travail, culture, sport, engagements) en améliorant notre connaissance des étudiants et de leurs pratiques d’études.

Mise en Place d’un Observatoire des conditions de vie co-piloté avec les étudiants (en lien avec la DPE, le SUIO-IP, le SUMPPS, le SUAPS) : développement de recherches (financement de thèses, valorisation de mémoires …), développement d’initiatives financées notamment afin de permettre aux étudiants de participer à des actions « vie étudiante » dans les autres universités et de favoriser l’importation de bonnes pratiques extérieures. Sur ce sujet de la création d’un observatoire de la vie universitaire, une question d’un étudiant nous a permis d’apporter des précisions qui sont mentionnées en bas de cette page.

Lancement d’un diagnostic « Qualité de vie étudiante » bi-annuel servant de supports à des actions à destination des étudiants.

Création d’un baromètre diffusé au sein de chaque composante intégrant des éléments sensibles au sein des composantes : cela peut être des questions classiques sur la qualité de vie mais aussi la prise en compte d’éléments spécifiques sur les conditions d’études. Cela pourrait être le repérage des obstacles à l’engagement dans les études. Tenir compte de certaines caractéristiques individuelles pour bien identifier les personnes qui auraient besoin de plus d’encadrement que d’autres.

Lancement d’assises étudiantes au sein des composantes permettant à la communauté étudiante de se positionner sur des éléments clés : l’enseignement à distance, les dispensés d’assiduité à l’époque des enseignements à distance et des classes inversées, la socialisation …

Assises thématiques étudiantes au niveau de l’université centrées sur les conditions de vie et d’études : le harcèlement apparaît aujourd’hui comme un thème central trans-composantes, la charge mentale associée aux nouvelles maquettes et pratiques n’est pas suffisamment prise en compte (et pas seulement en ce qui concerne les étudiants salariés ou les étudiants en situation de précarité).

Diffuser les résultats des enquêtes parmi l’ensemble de la communauté universitaire, étudiants inclus.

Valoriser les parcours des étudiants aux besoins spécifiques : étudiants en situation de handicap, sportifs de haut niveau, étudiants salariés.

2) Développer une culture de la confiance à l’égard des étudiants et mettre en oeuvre moins de centralisation : les associations étudiantes peuvent avoir le sentiment d’être dessaisies face à des situations complexes rencontrées par les étudiants.

Développer l’accompagnement par les pairs (harcèlement) : Evite à l’étudiant.e de fonctionner seul.e. et/ou seulement avec un référent «personnel » de l’Université

Favoriser l’entraide et les relations entre les pairs, en prévoyant, notamment, des locaux ou des espaces particuliers à des programmes ou à des regroupements.

Développer des activités à la périphérie du programme d’études, pour favoriser la participation des étudiants à la vie de la faculté et de l’université, leur offrir un milieu de vie, que l’université soit un lieu de développement personnel et social.

3) Développer une culture de la transparence au sein de l’ensemble des instances à destination des étudiants : renforcer l’accès à l’information.

Renforcer les retours Cfvu auprès des associations et BDE via un système numérique d’inscriptions (alerte/flux).

Renforcer la communication entre associations et BDE au sein de toutes les composantes : espace, temps de rencontre …

Renforcer la visibilité des associations et BDE auprès des étudiants des composantes : rentrée des BDE et des associations, création de pages intranet DBE et Associations accessibles dans chaque composante.

Créer des rendez-vous inter-BDE et inter-composantes, par exemple de partage d’expérience (ex. : l’accompagnement par les pairs en situation de harcèlement au sein de l’UFR Santé).

Améliorer l’accompagnement des associations étudiantes (conventions, espaces, valorisation…).

Développer la vie des campus et le sentiment d’appartenance à l’Université d’Angers et à ses composantes (reconnaître l’engagement, soutenir les associations, développer la citoyenneté…) : créer un environnement propice à l’épanouissement intellectuel, culturel et social de nos étudiants (et des personnels).

 

Sur l’observatoire de la vie étudiante et les relations Université – CROUS

Question d’un étudiant :

Bonsoir, je suis étudiant en médecine à l’université d’Angers depuis 9ans maintenant. Je souhaitais tout d’abord vous féliciter pour votre élection, ensuite vous parler des conditions de travail du personnel de restauration du RU la Gabarre. C’est pour moi le socle fondamental du bien être des étudiants du campus St Serge. Manger sain quand on sait maintenant que nos intestins sont notre deuxième cerveau est un axe obligatoire pour la réussite intellectuelle.
Merci.

Réponse :

Cher étudiant, je vous remercie pour votre témoignage. Ma réponse que votre question a inspirée sera rajoutée dans notre programme.

L’Université (et en l’occurrence le CROUS pour les personnels du RU) doit proposer un environnement aux étudiants et aux personnels qui leur permette d’être attentifs dans leur travail. Il s’agit en particulier de favoriser tous les ressorts de la réussite des étudiants : le sport, la culture, une alimentation équilibrée, un bon sommeil et de bonnes relations sociales. De nombreuses actions positives sont déjà menées grâce aux services de l’Université : le SUMPPS (médecine préventive et promotion de la santé) notamment sur les questions de la sexualité, du sommeil, de l’alimentation,  des addictions…, mais aussi la lutte contre les discriminations, le SUAPS (activités physiques et sportives), les actions de la BU ou de la Direction de la Culture et des Initiatives. Sans parler de tous les efforts déployés par les départements de formation et les UFR !

Il nous faut renforcer toutes ces actions en évaluant encore plus précisément et plus rigoureusement la qualité de vie des étudiants notamment par la création d’un observatoire de la vie étudiante. Les étudiants seront étroitement associés à l’activité de cet observatoire dont les missions pourraient être étendues à la qualité de vie des personnels. Les syndicats et les instances de représentation des personnels seront également partie prenante dans son fonctionnement. Cet observatoire de la vie universitaire (ou de la qualité de vie universitaire) permettrait d’améliorer l’interface personnel / étudiant.

Votre question implique de prendre en compte l’ensemble du moment de la pause repas :

En plus des enjeux alimentaires, il faut mentionner la durée de la pause repas, souvent fortement réduite par le temps d’attente avant de pouvoir manger et le temps d’attente pour pouvoir déposer son plateau. Ces temps sont très importants. La question des conditions de travail des personnels de restauration doit également être considérée : effectifs du personnel, organisation de la restauration, lieu…

 

Alors, un observatoire qui chercherait à prendre en compte l’effectivité de ces conditions quotidiennes et qui proposerait des préconisations semble une très bonne idée, mais sans oublier la dimension régionale de ces enjeux. Les analyses de ce futur observatoire de la vie étudiante, pour qu’elles soient utiles, doivent en effet pouvoir être présentées et discutées avec les décideurs, en l’occurrence le CROUS des Pays-de-La-Loire. J’ai en effet le souvenir que l’Université d’Angers avait peu d’impact sur la politique régionale du CROUS dont le siège directorial se situe à Nantes. Il semble cependant que les relations avec le CROUS pourraient s’améliorer si du temps était accordé par la Présidence et de manière coordonnée avec Nantes et Le Mans.

Sur l’ensemble des questions de conditions de vie étudiantes, je ne pense pas que l’on puisse résonner en vase clos pour notre propre université uniquement.

 

Enfin, dans le cadre de la transition écologique, de nombreuses restaurations scolaires travaillent sur les circuits courts d’approvisionnement. Existe-t-il cette volonté au CROUS PDL ? Je n’ai pas cette information. Mais cela a déjà été mis en place dans d’autres régions, comme en Occitanie  https://ledecode.ut-capitole.fr/objectif-circuits-courts-les-efforts-du-crous-occitanie-pour-travailler-des-produits-locaux-631823.kjsp ou en Rhône-Alpes https://www.crous-grenoble.fr/producteurs-locaux-sinvitent-a-lintermezzo/.

 

Même si je ne suis pas élu mais un simple candidat, je reste à votre disposition pour tout complément d’information sur ce sujet.

Bon travail et… bon appétit !

Christophe DANIEL